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Journée d'étude "La négation et la négativité en langue et en discours"

Publié le 24 septembre 2018 Mis à jour le 25 septembre 2018
Date
Le 09 novembre 2018
Lieu :MSH - 4 rue Ledru à Clermont-Ferrand
Lieu(x)
MSH - 4 rue Ledru à Clermont-Ferrand

L'axe TDL du Laboratoire de Recherche sur le Langage (LRL) organise une journée d'étude intitulée "La négation et la négativité en langue et en discours" le vendredi 9 novembre 2018 à la Maison des Sciences de l'Homme (Université Clermont Auvergne).

Si l’on admet l’idée selon laquelle la fonction fondamentale de la langue est liée à l’interaction sociale, la négation peut être considérée comme un phénomène central pour la linguistique, et notamment pour la sémantique et la pragmatique. En effet, de nombreux analystes attribuent à la négation une qualité "interactive" ("polyphonique", "polémique") consistant dans un acte de contredire une affirmation ou une idée présupposée. Dans cette perspective, un énoncé négatif est envisagé comme véhiculant les deux "voix" qui ainsi s’opposent (Ducrot, 1984). L’un des sujets de débat concerne les rapports entre cette valeur-là et la valeur "monophonique" ou " descriptive". Peut-on admettre, avec O. Ducrot (1984) et H. Nølke (1992 ; 2017), que la valeur "polyphonique" constitue la valeur fondamentale, primaire, de la négation, la valeur "monophonique" en étant dérivée ? Ou est-il plus juste de postuler une valeur sémantique plus générale, pouvant donner lieu à des interprétations différentes – polémique, descriptive ou autre – lors de l’emploi de la négation en discours (cf. Moeschler, 1992 ; Larrivée & Perrin, 2010) ? Outre la question de la possibilité d’une analyse générale et celle du nombre de valeurs de la négation et de leur nature, les études linguistiques se penchent sur la variété de sens et d’effets particuliers que les différentes expressions négatives permettent de construire dans différents contextes (ex. atténuation, ironie, focalisation, argumentation), et donc sur la façon dont les locuteurs investissent et interprètent les expressions négatives dans la communication. Inversement, on constate qu’un sens négatif peut apparaître via l’emploi de moyens linguistiques autres que les expressions négatives à proprement parler. Bien que la vaste problématique de la négation/négativité interpelle les linguistes depuis toujours, l’intérêt qu’elle suscite ne faiblit pas, ce dont témoignent les colloques et les recueils récents (ex. Larrivée & Lee, 2016 ; Roitman, 2017). Les présentations et les discussions qui auront lieu lors de la journée d’étude La négation et la négativité en langue et en discours permettront d’y apporter de nouveaux éclairages.

Références :
Ducrot, O. (1984), Le dire et le dit, Paris, Les Éditions de Minuit.
Larrivée, P. & Lee, C. (eds) (2016), Negation and Polarity: Experimental Perspectives, Dordrecht, Springer.
Larrivée, P. & Perrin, L. (2010), Voix et points de vue de la négation, dans M. Colas-Blaise, M. Kara, L. Perrin & A. Petitjean (éds), Recherches Linguistiques, 31, La question dialogique ou polyphonique en sciences du langage, Metz, Université Paul Verlaine, 175-195.
Moeschler, J. (1992), Une, deux ou trois négations ?, Langue française, 94, Les négations, 8-25.

Nølke, H. (1992), Ne...pas : Négation descriptive ou polémique ? Contraintes formelles sur son interprétation, Langue Française, 94, 48-67.

Nølke, H. (2017), Interpretations of the French negation ne...pas, in M. Roitman (ed.), The Pragmatics of Negation. Negative meanings, uses and discursive functions, Amsterdam / Philadelphie, John Benjamins, 149-166.